Nom du jeu
alias
Bluff
Perudo
Auteurs Richard Borg
Alfredo Fernandini
Cosmo Fry
Éditeurs ou distributeurs Asmodee
FX - FX Schmid
Jumbo
MB - Milton Bradley
Année 1993
Nombre de joueurs
Public         
Durée d'une partie 30 min
Interactivité
Calculatoire
Difficulté
Mécanismes bluff
dés
Thème Amérique précolombienne
prix ludique Festival de Cannes As d'or « jeu de dés » 1995
prix ludique Deutscher Spiele Preis 4e Prix 1993
prix ludique Spiel des Jahres Jeu de l’année 1993
Site officiel  Site officiel de Perudo
Règles ou aides de jeu  Comparatif des règles sur JeuxSoc
 La règle de Perudo sur Ludism
 La règle sur Ludism
 Aide sur PoufPafPastèque
Prédécesseurs · Successeurs · Parenté · Biblio · Liens · Commentaires

1993 : Bluff

Également connu sous les noms de Call my bluff, Liars Dice ou Perudo, Bluff est un intéressant jeu de bluff (au cas où vous ne l'auriez pas compris), rapide et amusant.

Trente dés spéciaux présentent cinq faces, de 1 à 5, et une face étoilée, qui fait fonction de joker.

Les joueurs jettent leurs dés, les conservent cachés, puis parient à tour de rôle sur les dés de la table. Comme au poker menteur, chaque annonce doit être supérieure à la précédente :

  • soit le nombre de dés doit être supérieur, peu importe la valeur du dé. Par exemple sur quatre dés avec un 5, on peut annoncer « sept dés avec un 2 » ;
  • soit le nombre de dés reste identique, mais alors il faut augmenter la valeur du dé. Par exemple sur quatre dés avec un 5, on peut dire « quatre dés avec un 6 ».

Il arrive donc un moment où le joueur suivant ne vous croit plus. S'il ne dit rien, il va devoir surenchérir, mais s'il dénonce, alors il va y avoir du sang. En gros, quelqu'un va perdre des dés, soit celui qui mentait, soit le dénonciateur calomnieux.

Amusant, mais cela méritait-il le prix du jeu de l'année ?

Dans un style très proche, je préfère nettement Limits d'Uwe Rosenberg

1995 : Perudo chez Parker

Perudo ne diffère de Bluff que par quelques détails.

Les trente dés spéciaux présentent cinq faces de 2 à 6 (au lieu de 1 à 5), et une face représentant un indien (ou un toucan, dans la version Asmodée) faisant fonction de joker.

L'enchaînement des combinaisons normales et de celles avec les As ou Paco est également légèrement différent. On peut ainsi passer de 4 X à 2 Pacos, alors que dans Bluff il fallait passer à trois As. Ce point de règle était plus conforme aux statistiques dans Bluff. La raison du changement est probablement due à la disparition du tapis de jeu, et donc à l'adoption d'une règle plus facile à mémoriser.

La règle Parker aborde les termes qui seront retenus dans les versions ultérieures : Dudo, Palifico, etc.

Elle propose une variante intéressante : Calza. Lorsque vous êtes persuadé que le joueur précédent a annoncé le nombre exact, vous annoncez « Calza ». On vérifie alors. Si le compte est effectivement exact, le joueur récupère un dé, sinon, il perd normalement un dé.

En dehors de cela, aucune autre différence entre Bluff et le Perudo de Parker.

2003 : Perudo chez Asmodée


   La dernière édition (Week-End Games / Asmodée)

Une curieuse confusion existe entre Perudo et Bluff. L'un des deux est-il antérieur ? Ou faut-il croire, comme indiqué sur la boîte Parker de Perudo, que le jeu nous vient des Incas ? C'est apparemment l'opinion admise aujourd'hui. Richard Borg, l'auteur de Bluff, affirme qu'il ne connaissait pas Perudo quand il a conçu son jeu. C'est tout à fait plausible, tant le jeu est simple, et c'est d'ailleurs ce qui fait son attrait.

La version de 2003, éditée par Asmodée, fait apparaître le nom de deux auteurs, qui seraient également propriétaires de la licence internationale. Comme tout cela est compliqué !

Attention ! Asmodée a considérablement modifié la règle de ce jeu traditionnel, à mon avis en la dégradant. En effet la règle, assez imprécise, énonce : « il doit proposer un nombre de dés ou une valeur de dé supérieur à la proposition précédente ». Cette phrase peut s'interpréter de différentes manières, vu le flou qui existe en français avec le terme « ou ». On voit bien qu'ainsi rédigée, la règle est extrêmement imprécise. Par exemple, on pourrait prétendre dire « deux dés de valeur 4 », suite à « cinq dés de valeur 3 », puisqu'on augmente bien la valeur du dé. Ah mais non, me direz-vous : si on augmente un nombre, il ne faut pas diminuer l'autre. Et où est-ce écrit ?, vous répondrais-je, armé de mon code civil ! Ce n'est écrit nulle part dans la règle. Il a donc fallu demander l'interprétation à l'éditeur, qui donne deux interprétations « officielles » sur son site (voir plus bas).

Un joueur vient de faire une annonce. C’est à mon tour de parler. Que puis-je annoncer ?

Vous pouvez :

  • Annoncer une nouvelle valeur de dé, qui doit être supérieure à ce qui a déjà été annoncé, mais en gardant le nombre de dés précédemment annoncé.
    Exemple : le joueur précédent vient d’annoncer six dés de valeur 4, vous pouvez annoncer six dés de valeur 5.
  • Augmenter le nombre de dés, tout en gardant la valeur précédemment annoncée.
    Exemple : le joueur précédent vient d’annoncer six dés de valeur 4, vous pouvez annoncer sept dés de valeur 4.
  • Annoncer « Dudo », si vous pensez que votre voisin ment.
  • Annoncer « Calza », si vous jouez la variante Calza, et si vous pensez que la dernière annonce est strictement exacte.

Est-ce que l’on peut proposer un nombre de dés inférieur, mais une valeur de dés supérieure ?

Non, aucun des deux éléments d’une proposition (nombre de dés, valeur des dés) ne peut être baissée, sauf dans le cas particulier des dés Paco.
Exemple : il est impossible de passer de cinq dés affichant 4 à quatre dés affichant 5.

Le problème, c'est qu'il s'agit là d'une interprétation très particulière (on pourrait la qualifier de « schismatique »), et surtout totalement étrangère à la règle originale, telle qu'on la trouve dans les boîtes Parker de 1995. En suivant cette interprétation, on a même prétendu m'interdire d'annoncer « cinq dés 4 », suite à une annonce « trois dés 2 », au prétexte que l'on ne pouvait augmenter l'une et l'autre valeur.

Il semble utile de rappeler que Perudo est un jeu traditionnel. Rien n'interdit à un éditeur de proposer une autre règle, mais il me semble qu'il ne peut, dans ce cas, présenter ses modifications comme des « réponses officielles ».

Il est donc prudent, lorsque vous décidez de jouer à Perudo, de préciser dès le départ si vous jouez à la règle officielle telle qu'écrite par Parker en 1995, ou alors à la règle modifiée par Asmodée en 2003.

Vous l'aurez compris, je préfère très nettement la version Parker, qui laisse beaucoup plus de liberté aux joueurs, et qui évite de ne souvent utiliser que les faces « Paco » et « 6 » de dés, qui possèdent quand même 6 faces !

1 commentaire

mayalabeille a écrit le 15 juillet 2009 à 15:29
Bonjour,

j'ai rencontré le week-end dernier Vicente, un étudiant chilien en Erasmus, auquel j'ai appris quelques jeux, et à qui j'ai voulu apprendre Perudo. C'est ainsi -car cela m'avait échappé- que j'ai appris qu'il s'agissait d'un jeu traditionnel Chilien qu'il connaissait très bien sous le nom de Dudo ou Cacho. Les règles version Asmodée ne l'ont pas satisfait sur le point évoqué par François concernant le fait de devoir monter et du même coup bloquer la valeur demandée, la règle traditionnelle est plus simple il faut toujours monter en nombre, mais il n'y a pas de limite pour passer d'une valeur à l'autre...
Il m'a indiqué plusieurs variantes qui semblent sympathiques :
- lorsqu'un joueur a perdu un dé et fait une nouvelle annonce, il peut choisir de changer le sens du jeu (horaire ou anti-horaire donc...).
- "obligé ouvert ou fermé" (le palifico d'asmodée) : le joueur qui vient d'atteindre son dernier dé "oblige" en figeant la valeur demandée, les jokers ne comptent plus. Si l'obligé ouvert est appliqué chaque joueur "ouvre" son gobelet vers les autres et n'a pas droit de regarder ce qu'il y a sous le sien (ceci avantage ceux qui ont peu de dés et désavantage ceux qui en ont beaucoup). Si l'obligé fermé est appliqué seuls les joueurs n'ayant qu'un seul dé peuvent regarder sous leur gobelet pendant ce tour, les autres jouent en aveugle.
- Sicilienne : un dudo prononcé dès le lancement d'une annonce entraine la perte de deux dés pour le joueur en tort (cette règle fait que faire une grosse annonce d'entrée s'accompagne d'une grosse prise de risque).
- Calza : il permet de récupérer un dé, mais ne s'applique plus dès que la moitié des dés ait été perdue (par exemple quand il ne reste plus que 15 dés sur 30).
- Passer : il est possible de passer son tour à condition d'avoir soit sous son gobelet soit tous les dés différents, soit tous les dés identiques (le dudo concerne du coup le mensonge sur cet aspect).

Voilà, c'est tout pour l'instant.
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Rédaction : François Haffner
Correction : Ivy Colin
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